En 2013, l'élaboration par Dominique Rebaud de l'outil pédagogique
“Le décentrement Nikolaïen, définitions, transmissions, évolutions“
s'inscrit dans la réflexion active initiée depuis la création du Prisme Nikolais.
Il est constitué d’un film d’entretiens de 65 mn et d’un livret de 85 pages.
 
 
En 2015, Dominique Rebaud a poursuivi cette recherche par la réalisation de :
"Le décentrement à l'œuvre dans la création collective des années 80"
Elle s’intéresse à la dissémination et aux maniements de ce concept de Décentrement dans la création collective de la fin des années 70 jusqu’au milieu des années 80 en France.
Cette seconde étape a la même forme finale : un film d’entretiens de 45 mn (DVD) et un livret de 106 pages.
 
 
Recherches réalisées avec l’Aide à la recherche et au patrimoine en danse du Centre National de la Danse et le soutien de la Région Île-de-France, de la Nikolais/Louis Foundation et de la Compagnie Camargo.
 
Ces documents sont déposés et consultables en libre accès à la médiathèque du Centre National de la Danse à Pantin et à Lyon, à la Cinémathèque de la Danse du CND à Pantin, à la Nikolais/Louis Foundation for Dance à New York et sur commande à la Compagnie Camargo.
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LE PRISME NIKOLAIS


En novembre 1993, quelques mois après la mort d’Alwin Nikolais*, l’IFOB (Ile-de-France Opéra et Ballet), alors dirigé par Annie Sellem, organisait au Théâtre de Malakoff une conférence-démonstration avec Murray Louis, Carolyn Carlson, Susan Buirge et des compagnies françaises dont les chorégraphes furent des élèves de Nikolais. Dans un même temps, la Cinémathèque de la Danse lui rendait un hommage à la Cinémathèque Française. Ces deux évènements réunissaient pour la première fois les « héritiers » du grand chorégraphe américain.

Dix ans passèrent, pendant lesquels ceux qui forment ce PRISME ont créé, enseigné, re-pensé cet héritage de manière singulière et libre, retenant la première leçon de cette lignée de l’histoire de la danse: devenir soi-même. Paradoxalement, cette fabuleuse injonction a rendu ce courant invisible, bien qu’important et extrêmement vivant.

En février 2003, à Albi dans le cadre d’une saison consacrée à Nikolais initiée par Nathalie Auboiron/ADDA du Tarn et Dominique Rebaud, cette dernière inventait un évènement qui rendait un hommage vivant à la pédagogie et aux outils de création légués par Alwin Nikolaïs.
Ce dispositif mêlait improvisations, compositions existantes, prises de paroles, projections et réunissait sept danseurs-chorégraphes : Brigitte Asselineau, Daniel Dobbels, Christine Gérard, Marc Lawton, Philippe Priasso, Dominique Rebaud et Anne-Marie Reynaud, ainsi qu’un percussionniste jouant en direct.
Cette soirée fit prendre conscience de l’absolue nécessité de ré-interroger cet héritage pour mettre à jour les nombreuses variations et inventions apportées, afin de ne pas rompre avec ces concepts élaborés dès le début du XXe siècle en Europe et dont Nikolais était lui même l’héritier. Concepts fondateurs de la danse moderne qui évitent, entre autre, « tout académisme et stérilité » (S. Buirge ).

En juillet 2003 fut créé un groupe réunissant Anne-Marie Reynaud, Quentin Rouillier, Marc Lawton, Christine Gérard, Dominique Rebaud et Philippe Priasso pour la mise en place de ce qui fut intitulé :
“LE PRISME NIKOLAIS “

Il fut décidé de re-créer cet événement à Paris, en février 2004, en nous inscrivant dans le sillage de la venue de la Compagnie Ririe-Woodbury**(dir.artistique Murray Louis),
invitée au Théâtre de la Ville du 24 au 28 février 2004. La compagnie présentait un programme comportant sept pièces de Nikolais. L’Atelier de Paris-Carolyn Carlson proposait en parallèle à la Cartoucherie de Vincennes trois semaines de stages et de conférences.
En septembre 2003, Gérard Violette, directeur du Théâtre de la Ville, enthousiasmé par cette idée, proposa de réaliser cet événement les 27 et 28 février 2004, en matinée, le plateau. Anne-Marie Reynaud prit le relais en inscrivant cette proposition dans les projets du Centre National de la Danse, nous offrant ainsi un soutien parisien décisif.

L’accueil du public lors de ces deux matinées à guichets fermés fut très positif, Carolyn Carlson et Susan Buirge bénéficièrent de deux « cartes blanches », ce qui permit de voir danser la première et de (re)découvrir Larrio Ekson, invité par la seconde. D’autres invités, tels Daniel Larrieu ou de jeunes élèves du Conservatoire de Lyon, laissèrent un souvenir fort. Le CND fit capter en vidéo ce moment unique et en édita une cassette de deux heures.

En juillet 2006, Marc Lawton et Dominique Rebaud se rendaient à Salt Lake City, aux Etats-Unis, pour participer au Nikolais Legacy Workshop (stage Héritage Nikolais) organisé par Joan Woodbury et Shirley Ririe, anciennes collaboratrices du chorégraphe. Ce stage réunissait les première et deuxième générations de danseurs/professeurs, des enseignants américains (milieu scolaire de l’Utah) et des danseurs du monde entier, révélant une nouvelle fois la vivacité et la contemporanéité de ce courant. Au-delà des moments pédagogiques très riches et adaptés aux différents publics et au niveau de chacun, l’accent fut mis sur les échanges (tables rondes) et le répertoire (présentation de films, atelier autour d’extraits de Mechanical Organ (1980) et remontage par la compagnie Ririe-Woodbury du chef d’oeuvre de Nikolais Tent (1968).
Là encore, et avec les encouragements de Murray Louis, il semblait évident qu’un événement de cette importance se devait d’être organisé en France, perpétuant les riches croisements et connivences existant entre Europe et Amérique …

En décembre 2010, Dominique Rebaud se rendait à New York pour représenter « le Prisme » aux événements de clôture du Centenaire de la naissance d’Alwin Nikolais . Elle présenta un solo au Hunter College, « A Tribute to Alwin Nikolais » accompagnée de Félix Rebaud-Sauer.

En février 2011
, Marc Lawton et Dominique Rebaud, en collaboration avec le Centre National de la Danse, organisent un "NIKOLAIS LEGACY WORKSHOP" composé de stages pour les danseurs professionnels par Joan Woodburry et Tito del Saz, d'une master-class de Murray Louis, d'une conférence de Marc Lawton et Daniel Doebbels, d'une projection de films à Cinémathèque de la Danse et d'une Conférence Dansée mise en espace par Dominique Boivin et Dominique Rebaud : "OU EST NIKOLAIS AUJOURD'HUI ?".
Cette soirée laboratoire a posé des liens entre la pensée de Nikolais et de jeunes créateurs français, sans forcément se soucier s’ils utilisent ou non son enseignement. Juste croire, peut-être, que la modernité de Nikolaïs est aujourd’hui présente comme un état d’esprit DÉCENTRÉ, ouvert à l’autre, plutôt qu’un enseignement fermé qui aurait du mourir avec le Maître.

*Les cendres d’Alwin Nikolais ont été placées au cimetière du Père Lachaise, à côté de celles d’Isadora Duncan.
**Les œuvres d’Alwin Nikolais sont régulièrement présentées en France par cette compagnie, qui y vient en tournée environ tous les deux ans. Elle a dansé en mars 2008 à Angers pour les 30 ans du Centre National de Danse Contemporaine.


Joan Woodburry
 
 
Murray Louis